Manque d’énergie après 50 ans : pourquoi rester immobile fatigue davantage que bouger

Pourquoi avons-nous parfois moins d’énergie… quand nous bougeons moins ?

Beaucoup de personnes souffrant d’un manque d’énergie après 50 ans pensent avoir simplement besoin de plus de repos. Et bien sûr, le repos est indispensable au bon fonctionnement du corps et du cerveau. Mais il existe une réalité beaucoup plus contre-intuitive :  l’immobilité prolongée peut elle aussi augmenter la fatigue.

De nombreuses personnes après 50 ans ressentent :

  • une baisse d’énergie,
  • un manque d’élan,
  • une sensation de lourdeur,
  • une difficulté à se remettre en mouvement,
  • un brouillard mental,
    sans forcément comprendre que la sédentarité peut jouer un rôle majeur dans ce phénomène.

Car le corps humain ne fonctionne pas comme une batterie qu’il suffirait d’économiser. C’est un système vivant adaptatif. Et ce système a besoin de mouvement pour produire efficacement :

  • de l’énergie,
  • de la stimulation cérébrale,
  • de la motivation,
  • et de la vitalité.

Le corps humain est conçu pour le mouvement

D’un point de vue évolutif, le cerveau humain s’est développé dans un environnement où le mouvement était permanent : marcher, explorer, porter, s’adapter, chercher, agir. Le mouvement faisait partie intégrante de la survie.

Aujourd’hui pourtant, notre mode de vie moderne favorise l’immobilité :

  • travail assis,
  • écrans,
  • transports,
  • fatigue mentale,
  • diminution de l’activité physique quotidienne.

Or, le mouvement n’est pas seulement utile pour “faire du sport”. Il agit directement sur le fonctionnement du cerveau et de l’organisme.

Lorsque le corps bouge :

  • la circulation sanguine augmente,
  • l’oxygénation s’améliore,
  • certaines hormones et neurotransmetteurs sont stimulés,
  • les muscles communiquent avec le cerveau,
  • la production énergétique cellulaire augmente.

Autrement dit :  le mouvement informe biologiquement le corps qu’il doit rester performant, adaptable et énergique.

Pourquoi l’immobilité prolongée peut augmenter la fatigue

Cela peut sembler paradoxal. On pourrait penser que : moins on bouge, plus on économise son énergie. Mais la physiologie humaine fonctionne différemment. Le corps s’adapte en permanence à ce qu’on lui demande.

Lorsqu’une personne sollicite régulièrement son organisme :

  • les capacités cardiovasculaires s’améliorent,
  • les muscles deviennent plus efficaces,
  • la production énergétique s’optimise,
  • le cerveau reste davantage stimulé.

À l’inverse, la sédentarité prolongée peut entraîner progressivement :

  • une diminution de la condition cardiovasculaire,
  • une baisse de la masse musculaire,
  • une moins bonne oxygénation,
  • une réduction de certaines capacités métaboliques,
  • une sensation accrue de fatigue.

Cette fatigue est souvent décrite comme : diffuse, lourde, difficile à expliquer, accompagnée d’un manque d’élan.

Et beaucoup de personnes interprètent alors cette sensation comme un besoin de repos supplémentaire… alors que l’organisme aurait parfois besoin de remettre du mouvement en circulation.

Le lien entre mouvement et stimulation du cerveau

L’une des choses les plus fascinantes révélées par les neurosciences est que : le cerveau ne fonctionne pas indépendamment du corps.

Le cerveau reçoit en permanence des informations provenant :

  • des muscles,
  • de la respiration,
  • du rythme cardiaque,
  • de la posture,
  • du mouvement.

Bouger stimule donc directement l’activité cérébrale.

Plusieurs études montrent que l’activité physique influence positivement :

  • l’attention,
  • la mémoire,
  • les fonctions exécutives,
  • l’humeur,
  • la régulation émotionnelle,
  • la capacité de décision.

Le mouvement augmente également le débit sanguin cérébral, améliorant ainsi l’apport en oxygène et en nutriments vers le cerveau.

Les muscles communiquent avec le cerveau

Longtemps, les muscles ont été considérés uniquement comme des structures mécaniques destinées au mouvement. Aujourd’hui, la recherche montre qu’ils jouent également un rôle endocrinien et neurologique important.

Lorsqu’ils se contractent, les muscles libèrent des molécules appelées myokines.

Ces substances influencent notamment :

  • l’inflammation,
  • le métabolisme,
  • certaines fonctions cérébrales,
  • et la communication entre le corps et le cerveau.

Le mouvement stimule également la production du BDNF (Brain-Derived Neurotrophic Factor). Le BDNF est parfois surnommé :  “l’engrais du cerveau”.

Cette protéine joue un rôle essentiel dans :

  • la neuroplasticité,
  • la création de nouvelles connexions neuronales,
  • l’apprentissage,
  • et l’adaptation cérébrale.

Autrement dit : l’activité physique aide littéralement le cerveau à rester adaptable et fonctionnel.

Dopamine, motivation et mouvement

Le mouvement influence également certains neurotransmetteurs liés à la motivation et à l’élan.

Parmi eux : la dopamine. Elle joue un rôle majeur dans :

  • la motivation,
  • le passage à l’action,
  • l’anticipation de récompense,
  • l’engagement comportemental.

L’activité physique stimule naturellement les circuits dopaminergiques.

À l’inverse, une sédentarité prolongée peut favoriser :

  • l’apathie,
  • la procrastination,
  • la baisse d’énergie mentale,
  • la sensation de ne “plus avoir envie”.

Et cela crée souvent un cercle vicieux : moins d’énergie,  donc moins de mouvement, donc moins de stimulation cérébrale, donc encore moins d’élan. C’est pourquoi attendre de “retrouver la motivation” avant de recommencer à bouger fonctionne rarement.

Très souvent : le mouvement précède la motivation.

Les mitochondries : les centrales énergétiques du corps

Au cœur de nos cellules se trouvent les mitochondries. Leur rôle est fondamental : elles produisent une grande partie de l’énergie utilisée par l’organisme. Or, les mitochondries réagissent fortement au mode de vie.

L’activité physique régulière favorise :

  • leur efficacité,
  • leur nombre,
  • leur capacité à produire de l’énergie.

La sédentarité prolongée, au contraire, peut progressivement réduire leur efficacité. Cela signifie qu’un manque de mouvement peut diminuer la capacité globale de production énergétique du corps. Et ce phénomène devient particulièrement important avec l’âge.

Pourquoi le manque d’énergie après 50 ans peut être aggravé par la sédentarité

Après 50 ans, plusieurs changements physiologiques apparaissent naturellement :

  • diminution progressive de la masse musculaire,
  • ralentissement métabolique,
  • récupération plus lente,
  • sensibilité accrue à la sédentarité,
  • baisse progressive de certaines capacités physiques.

Le mouvement devient alors stratégique. Pas uniquement pour : “garder la forme”, ou “préserver sa silhouette”. Mais parce qu’il soutient directement :

  • le cerveau,
  • l’énergie,
  • l’humeur,
  • la motivation,
  • la capacité à agir,
  • et parfois même la capacité à se projeter dans un nouveau chapitre de vie.

Quand le corps ralentit trop longtemps, ce n’est pas seulement l’énergie physique qui diminue.

C’est parfois : l’élan, la confiance, l’envie, et le mouvement intérieur lui-même.

Le vrai piège : attendre d’avoir envie

Beaucoup de personnes pensent : “Je recommencerai quand je me sentirai plus motivée.” Mais le cerveau humain fonctionne souvent dans l’autre sens. L’action précède fréquemment l’élan.

Le mouvement agit comme un signal envoyé au cerveau : un signal d’activation, d’adaptation, de stimulation. Il ne s’agit pas nécessairement de pratiquer un sport intense.

Parfois, remettre doucement du mouvement dans le système peut déjà avoir un impact :

  • marcher,
  • respirer plus profondément,
  • mobiliser son corps,
  • reprendre une activité progressive,
  • sortir davantage,
  • recréer du rythme.

Le mouvement ne résout pas tout. Mais il influence profondément le fonctionnement humain.

Le corps humain n’est pas conçu pour fonctionner dans l’immobilité prolongée.

Le mouvement influence directement :

  • le cerveau,
  • l’énergie,
  • les émotions,
  • la motivation,
  • et notre capacité à nous remettre en mouvement dans notre vie.

Et après 50 ans, comprendre ce lien devient essentiel. Parce que parfois, ce n’est pas uniquement du repos dont nous avons besoin. C’est de remettre progressivement de la vie en circulation dans le système.

Laura Angilella

Sources scientifiques et références

Erickson KI et al. (2011)

Exercise training increases size of hippocampus and improves memory

Étude montrant que l’activité physique peut améliorer la mémoire et augmenter le volume de l’hippocampe, une zone clé du cerveau impliquée dans l’apprentissage et les fonctions cognitives.

Étude publiée dans PNAS

Cotman CW & Berchtold NC (2002)

Exercise: a behavioral intervention to enhance brain health and plasticity

Publication majeure sur le lien entre activité physique, neuroplasticité et production de BDNF, une protéine essentielle au bon fonctionnement du cerveau.

Publication sur PubMed

Organisation mondiale de la Santé (OMS)

Activité physique et santé

Recommandations et données sur les effets de la sédentarité et les bénéfices de l’activité physique sur la santé physique et mentale.

OMS – Activité physique

Granata et al. (2018)

Mitochondrial adaptations to exercise training

Recherche sur l’impact de l’activité physique sur les mitochondries, les structures cellulaires responsables de la production d’énergie.

Étude disponible sur PubMed

Spark — John Ratey

Livre de vulgarisation scientifique explorant le lien entre exercice physique, dopamine, mémoire, humeur, motivation et fonctionnement cérébral. Très accessible pour approfondir ces sujets.

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